Communiqué de presse du 4 mars 2002:
Greenpeace incite les ministres européens de
l’Environnement à s’engager pour les forêts anciennes
Bruxelles/Luxembourg - Une vingtaine d’activistes de Greenpeace ont
confronté ce matin les ministres européens de l’Environnement - réunis
pour leur sommet bi-annuel à Bruxelles - avec l’image de la
destruction observée actuellement dans les
forêts anciennes du monde entier.
Sept animaux gonflables, représentant des espèces menacées
d’extinction, ont été déployés devant le bâtiment «Juste Lipse» tandis
que des copeaux de bois étaient déversés aux alentours du bâtiment
abritant le Conseil de l’Europe. Une banderole de douze mètres de long
évoquait la crise qui sévit aujourd’hui dans les forêts anciennes : «
Save the ancient forests – Sauvons les forêts anciennes ». Dans la
matinée, une délégation d’enfants et d’adolescents se sont rendus, au
nom de l’opération Kids for Forests,
au coeur du quartier européen. Ils ont fait part de leurs
préoccupations relatives à la crise qui sévit actuellement dans les
forêts anciennes à Mme Aelvoet, ministre belge de l’Environnement et
responsable de la coordination européenne en matière de diversité
biologique.
Greenpeace incite les ministres européens à adopter une position
offensive en faveur des forêts primaires lors du prochain Sommet des
Forêts anciennes . A l’issue du Conseil des ministres de ce 4 mars,
les ministres de l’Environnement adopteront une Conclusion du Conseil
détaillant la position qui sera la leur lors des négociations du
prochain Sommet.
« L’Union européenne a une responsabilité particulière à jouer dans
la crise qui menace actuellement les forêts anciennes », déclare Filip
Verbelen, de la campagne ‘Forêts’ de Greenpeace. « L’Union européenne
est l’un des principaux importateurs de produits ligneux originaires
des forêts anciennes. Une grande partie de ces importations provient
du commerce illicite du bois.»
Certaines banques européennes investissent dans la destruction des
forêts anciennes. La banque allemande West LB Bank investit par
exemple dans la dévastation de la partie équatorienne de la forêt
amazonienne. « Lors du Sommet des Forêts anciennes le mois prochain,
l’Union européenne devrait prendre le leadership. Le Conseil a rédigé
des conclusions qui – si elles restent inchangées – ne permettront pas
d’inverser la tendance dévastatrice que l’on observe actuellement dans
les forêts anciennes », ajoute Martin Kaiser, conseiller politique
pour Greenpeace.
S’adressant au nom des enfants présents lors de l’action de
sensibilisation, Roger Spautz de Greenpeace Luxembourg conclut : «
Partout en Europe, des enfants attendent de l’Union européenne qu’elle
se mobilise pour le futur de l’ensemble des forêts de la planète. Ces
enfants et ces adolescents s’expriment au nom des enfants participant
à l’opération Kids for forests et
qui sont originaires d’une vingtaine de pays parmi lesquels on compte
des régions où les forêts anciennes risquent de disparaître. Tous
attendent que les politiques agissent en faveur de ces forêts.»
Tous les ans depuis le Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio de
Janeiro en 1992, ce sont environ 16.1 millions d'hectares de forêts
anciennes qui sont détruits. Dans les années ’90, un territoire assez
vaste pour contenir la Finlande, le Danemark, la Norvège, la Suède,
l’Islande, l’Allemagne et les Pays-Bas a été rayé de la carte. Le sort
des forêts anciennes est plus incertain que jamais. Les Grizzlys, les
Grands Singes, le Tigre de Sibérie et bien d’autres espèces
forestières sont menacées de disparition. La dévastation observée dans
les forêts anciennes compromet également fortement l’avenir de
millions d’êtres humains qui doivent y trouver de quoi survivre et qui
n’ont d’autres points de repères spirituels ou culturels.
Greenpeace attend des Ministres de l’Environnement qu’ils PRENNENT
immédiatement des mesures pour cesser de contribuer à la destruction
forestière et qu’ils agissent pro-activement pour sauvegarder ces
vastes ensembles.
Ce que Greenpeace demande:
- Il faut arrêter la destruction – Comment ?
En arrêtant toute activité industrielle dans les forêts
anciennes encore intactes, jusqu’à ce que l’on se soit mis d’accord
sur des plans de gestion propices à la conservation des forêts et à
leur exploitation durable.
- Il faut assainir la filière ‘Bois’ – Comment ?
En s’assurant que le bois est produit et commercialisé d’une
manière légale et respectueuse de l’environnement et en refusant de
faire du commerce avec des entreprises que l’on sait impliquées dans
des opérations forestières illégales et dévastatrices. En exigeant
que tout le bois et les autres produits ligneux qui aboutissent dans
un port national soient le fruit d’opérations forestières légales et
gérées de manière à respecter des critères élevés tant d’un point de
vue social qu’environnemental.
- Il faut financer la sauvegarde des forêts – Comment ?
Une dotation annuelle de 15 milliards de dollars américains est
au minimum nécessaire pour financer la sauvegarde des forêts en
danger et pour leur assurer un avenir durable.
