Il veut porter plainte, les policiers le tabassent !
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Il veut porter plainte, les policiers le tabassent !
Violence. Venu déposer plainte dans un commissariat parisien, pour une agression, un jeune Colombien de 27 ans accuse les policiers de l’avoir frappé et humilié.
Jusqu’ici, les policiers mal-intentionnés avaient plutôt tendance à bousculer les suspects. Mais jamais les victimes. C’est pourtant la mésaventure surréaliste vécue il y a dix jours par Juan Pablo Gutierrez. Agressé en pleine rue, ce Colombien de 27 ans a eu la malencontreuse idée de vouloir porter plainte au commissariat de la Goutte d’or, à Paris (XVIIIe). Le jeune homme en est ressorti douze heures plus tard, dans un état dramatique : frappé, insulté et humilié par un trio de policiers. « C’est comme si ma dignité avait été piétinée », raconte-t-il, encore sous le choc.
Tout commence dans la nuit parisienne. Il est environ 1 heure du matin, ce lundi 15 juin. Passionné de photographie, lauréat du Grand Prix Paris Match 2008 du photo-reportage étudiant, Juan Pablo Gutierrez a passé la soirée à un barbecue. Ses amis le déposent en voiture à côté de chez lui, dans le XVIIIe arrondissement. Il marche seul dans la rue. Un groupe d’individus, apparemment éméchés, lui réclame une cigarette. Il n’en a pas, mais leur offre une canette de bière. Juan Pablo repart. Deux mètres plus loin, il prend un coup sur la tête. Le voilà au sol, piétiné au niveau des jambes. Le jeune homme parvient tout de même à s’enfuir, se réfugie dans le hall de son immeuble et appelle le 17. Les policiers, rapidement sur place, interpellent l’un de ses agresseurs et proposent à Juan Pablo de venir déposer plainte. Soulagé, l’étudiant pense que son calvaire a pris fin. Malheureusement, il ne fait que commencer.
"C’est moi la victime"
« Dès mon arrivée au commissariat, le policier qui m’a pris en charge a tout de suite été agressif, explique le jeune homme. Il m’a poussé vers l’ascenseur, en me disant, sur un ton hautain, de mettre les bras derrière le dos. Je lui rappelle alors que c’est moi la victime ! Mais cela n’a aucun effet… » Dans le couloir de l’étage, Juan Pablo se voit contraint d’ôter ses lacets et ses baskets. L’officier, grand, blond, les cheveux courts, la trentaine, lui demande ensuite son sac et son bandana. Excédé, Juan Pablo refuse : « Si c’est ça la procédure pour déposer plainte, je préfère rentrer chez moi ! » Mais il n’a pas le temps de quitter les lieux. Il reçoit sans prévenir un coup de poing au ventre qui lui coupe le souffle et le laisse au sol. « Je ne pouvais plus respirer. Je criais à l’injustice, en demandant si c’était comme ça qu’on appliquait la loi en France… »
Cette fois, Juan Pablo est bien décidé à partir. Il se lève, franchit la porte du bureau, mais le policier le rattrape par son tee-shirt, lui expédiant un nouveau coup de poing, au visage, puis une violente claque à l’oreille gauche. « Au moment où sa main m’a percuté, j’ai commencé à ne plus entendre de cette oreille. Je me suis mis alors à pleurer et j’ai décidé de ne plus opposer de résistance. »
Mis à nu, humilié
Juan Pablo est emmené dans un autre bureau, en face des cellules de garde à vue, sous la surveillance de deux policiers en civil, plantés derrière leur ordinateur. Il les supplie de se renseigner, leur rappelle qu’il était là juste pour porter plainte. Pour toute réponse, il reçoit : « La ferme ! on s’en fiche, tu vas te taire, petit Latino, sinon on va te la fermer ! » Juan Pablo insiste. Un des policiers l’emmène alors dans une pièce voisine. « Il m’a demandé de me mettre entièrement nu, et de me tourner d’un côté, puis de l’autre. Je n’ai jamais vécu une telle humiliation, j’étais en larmes. » Il se rhabille, revient dans l’autre pièce, demande un verre d’eau. « Ils m’ont répondu qu’il n’y avait pas de ’’verre’’ d’eau mais de l’eau dans les WC. »
Il est maintenant 10 heures du matin. L’oreille toujours douloureuse, Juan Pablo est finalement conduit à l’hôpital Lariboisière, les menottes aux poignets. Le verdict du médecin est clair : l’oreille interne gauche a été endommagée et Juan Pablo a perdu 40 % de son audition. Vers midi, on invite enfin le jeune Colombien à quitter le commissariat de la Goutte d’or… tout en lui précisant qu’il ressortira en même temps que son agresseur ! « Mais il va me reconnaître, proteste Juan Pablo, laissez-moi au moins quinze minutes d’avance ! » Réponse lapidaire du flic : « Casse-toi, t’as cinq minutes… »
Laurent Mouloud
¿QUIÉN LE TEME A (J.P.G) JUAN PABLO GUTIERREZ? ¿París bien vale una golpiza?
Esto es (y debería ser) un J´accuse¡ Decía Deleuze en los años ochenta, que los microfascismos nos estaban ganando las peleas en todos los frentes y quizá se tendía en su momento (“Mil mesetas”) a subestimar un tanto el “macrofascismo” que viene de los ministerios del interior y de las comisarías de policía. El caso de J.P.G (JEUNE PHOTOGRAPHE GÉNOTYPÉ) en París lo demuestra. Agredido y vejado verbal y físicamente (como si las dos cosas no fueran en la misma dirección) por policías de la Goutte d´Or la semana pasada, el caso de Juan Pablo nos demuestra que el avance del fascismo en Europa es una realidad cada vez más desafiante (recordar también las “nuevas” camisas negras en Italia).
París bien vale una misa es un viejo dicho popular del medioevo. París era una fiesta decía Hemingway en los años veinte. París era una orgia aburrida gritaba Bukowski en los ochenta. París no se acaba nunca escribía Vila-Matas en los noventa. Y ahora, en pleno siglo XXI, con Sarkozy al comando, París no es ya la capital cultural del mundo (como lo fue en el siglo XIX) sino la capital mundial del espanto (y no lo digo por la rue Morgue de Poe). La pregunta que quiero lanzar es: ¿París bien vale una golpiza?
Juan Pablo Gutierrez, Joven fotógrafo Genotipado, por sus siglas en francés (J-P-G. 007571-750018-LATINOGOHOME) es el registro del archivo policial de Juan Pablo. “Latinito” como le decían los policías a Juan Pablo es el nombre de familia que utilizaron con él. Y una golpiza en la cabeza fue la dosis personal de democracia y libertad de expresión que le brinda la gran REPUBLIQUE francesa a sus habitantes.
Después de conocer en El Espectador la censura que le aplicaron a JPG, y la paliza que le dieron, y luego de leer más detalles sobre el caso gracias a COLCREA (asociación de estudiantes y creadores colombianos en Francia) quise saber más de JPG y fui a visitar su página web (http://www.juanpablogutierrez.com/). Allí encontré, además de una muy bien lograda serie fotográfica del “ensoñador” metro parisino con sus personajes reales, no tanto cronopios, sino más bien “suicidados de la sociedad” como decía Arataud y una muestra de manifestaciones públicas callejeras, me quedé observando en el vacío virtual la sección “actualidades”. La última actividad de JPG dice “censurada”, pero aún no aparecen sus “muestras” de medicina legal después de la golpiza que le propinaron.
Todo lo ocurrido con JPG me hizo pensar en el “culto” que le rendimos muchos a la “cultura francesa”, creyendo acaso que “cultura” se refiere sólo a sus pintores, escritores, cineastas, etc. Y así, solemos dejar de lado “muestras de la cultura francesa” á la carte, como la que le “dio” la policía francesa a JPG en la Goutte D´Or. Pienso por ejemplo en un famoso “cabaret literario” que organiza la embajada de Francia en Bogotá junto a mapa teatro, lugar de homenaje y elogio a artistas franceses y colombianos. ¿Valdría la pena hacer un acto de protesta simbólico hacia “la cultura francesa”? ¿Un performance sobre violencia y libertad de expresión? ¿No valdría la pena hacer un “cabaret” literario dedicado a JPG? Sé que es políticamente incorrecta esta propuesta y quizá no tenga ningún eco, pero la lanzo a todas y todos a ver si la hacemos por otro lado, en otro escenario y contexto. ¿Por qué no exhibir la muestra censurada de JPG en Bogotá, así sea en la calle? Sería una especie de acto de desagravio de los que estamos con JPG, de palabra y acto. Si hay personajes locales, -oscuramente ubérrimos- que han hecho en el pasado actos de desagravio a “generales de la república colombiana”, como el pacificador de Uraba, Rito Alejo del Rio por qué no hacer nosotros lo mismo con JPG?
Y después dicen que París es una fiesta… ya Roberto Bolaño había desenmascarado el viejo mito de la república francesa cuando en su novela los detectives salvajes decía que: “yo creía, antes de llegar a París, que los tres besos que se daban las francesas querían decir: LIBERTAD, IGUALDAD, FRATERNIDAD. Ahora que vivo aquí, sé que no es cierto”. Parafraseando a Bolaño, diremos nosotros que quizá esos tres besos significan ahora:
VIVE LA FRANCE sarkoziste?
VIVE LA REPUBLIQUE raciste?
VIVA LA MUERTE, ABAJO LA INTELIGENCIA¡
Gabriela Pain.
Bogotá.












